DE L'INSOUTENABLE LEGERETE DE N'ETRE

« La vérité est scandaleuse. Mais sans elle, il n'y a rien qui vaille. Une vision honnête et naïve du monde est déjà un chef- d'œuvre... À mesure que vous approchez de la vérité, votre solitude augmente. » Michel Houellebecq, in Rester vivant.
 

02 novembre 2005

Société française contre Monsieur l'auteur


Chers lecteurs quotidiens,

Considérant qu'il est bon - en toute chose - de poser les règles,
Considérant qu'il est nécessaire que le lecteur sache à l'avance ce à quoi il s'expose, qu'il est en va du principe même de prévisibilité du journal littéraire,
Considérant de plus que le principe d'interprétation stricte du journal impose une description univoque des termes du sujet,
Et enfin, considérant que les thèmes qui emportent l'adhésion ou le rejet se trouvent généralement être politiques, économiques ou sociaux,

Enjoins les lecteurs à lire les quelques lignes suivantes.
(Il est évident que je n'ai pas de lecteur, et encore moins de lecteur quotidien. Mais ce n'est pas l'objet de la démonstration).

Politics and economics.
Tout d'abord, il est important de savoir que je vote généralement à droite. Cette affirmation est bien entendu soumises à exceptions, en fonction notamment de la personalité du candidat, de son intégrité présupposée ou du lien que je peux éventuellement entretenir avec lui.
Je suis néanmoins tout à fait social, mais j'ai tendance à ne pas aimer l'hypocrisie. A de rares exceptions près, les gens de gauche me paraîssent ainsi tout à fait irrationnels.
Prenons des exemples simples, et que l'on pourra transposer à d'autres situations types.
En matière de travail par exemple. Plutôt que partager le travail existant ou de redistribuer plus équitablement les richesses que le pays produit, il me semble tellement plus logique de chercher à créer plus de travail et plus de richesse. Alors bien sûr, les riches s'enrichiront de plus en plus - pour faire très simple - et le fossé sera de plus en plus grand avec les moins riches, mais au moins créera-t-on ainsi des emplois et rendrons-nous le pays plus attractif. C'est inéquitable ? Certes. Mais je crois que la plus grande de toutes les inepsies politiques est de refuser l'inégalité sociale. L'inégalité est partout. C'est de son acceptation même que vient le progrès. Et de son traitement. Pas de son refus !
Bien sûr en revanche, un modèle économique tout à fait alternatif, fonctionnant hors de toute économie mondialisé et de tout système de marché est envisageable. C'est peut-être inneficient - cela reste à néanmoins à démontrer, en arrêtant de se référer à l'URSS, ce qui est un peu facile - mais au minimum, c'est tout à fait rationnel. Ainsi, il y a plus de sens à prôner la révolution que de se battre pour la réduction du temps de travail obligatoire, le partage des richesses ou le réhaussement des minimats sociaux. Ces trois points doivent certes être mis en oeuvre et défendus, mais ce n'est pas un programme politique. C'est simplement une soupape réservée au plus démunis - au moins "égaux", comme disait le célèbre humoriste.
Bon, la démonstration est dans l'ensemble très peu théorisée, mais cela me semble tomber sous le sens - comme le veut l'expression populaire.

En matière sociale maintenant.
Une société qui laisse crever ses vieux est une société indigne. Je n'en démordrai pas.
(Sauf si le vieux en question l'a vraiment cherché ou mérité, cela va de soi - le cas particulier pouvant bien entendu déroger au principe commun).
La question sociale est ici très résumé et réellement parcellaire, mais c'est à mon sens plutôt représentatif. En outre, de "Ni putes ni soumises" à "Reporters sans frontières", il y a tant de personnes qui luttent pour des causes importantes que je ne vais pas bassement m'étaler en vaines revendications.
De toute façon, je donne très peu d'argent aux associations et autres gens nécessiteux. En général, je préfère acheter des livres ou à manger. C'est profondément injuste. Mais c'est une putain de réalité.

"Quand on est vieux, tout notre corps nous fait souffrir, et tout ce qui nous permet de ne pas souffrir ne fonctionne plus".
George Burns.

Social, économie, politique.. Et dire que la seule chose qui nous intéresse, c'est le sexe. Ce journal n'aura jamais aucun succès.

De toute façon, je pars quelque jours dans le Sud-Ouest. J'aurai donc peut-être par conséquent des trucs intéressants - à vos yeux - à retranscrire dès mon retour. En fait, je vais là-bas pour étudier un peu - il y a quand même un minimun de boulot exigé dans cette Ecole de Commerce dite "Parisienne" que je fréquente plus ou moins.
De plus, dans la chambre où j'ai passé mon adolescence, il y a un grand bureau de maître d'école. C'est mon bureau que j'aime bien.
Toujours est-il qu'à part bosser avec Chérie - qui est aussi du voyage bien entendu - il y a un rendez-vous chez un magnétiseur - excerçant dans la campagne pyrénéenne - de prévu. Et peut être aussi un saut à Biarritz si le temps est exactement comme on l'aime à Biarritz. Cela sera même l'occasion d'écouter Brassens sur l'A64. Ou Fersen.

« Sans technique un don n'est rien qu'une sale manie. »
Georges Brassens, in Le mauvais sujet repenti.
Il paraît que j'ai la manie d'être désagréable avec les autres, vous pensez qu'il y a une technique pour ça ? De toute façon je ne suis pas désagréable, je suis honnête. De plus, j'éduque les gens. C'est le cas par exemple avec mes citations, dont je n'ai strictement rien à foutre. Mais c'est pour ceux qui ne se seraient pas encore rendu compte de mon talent. Les citations sont là en quelque sorte pour les rassurer, pour leur montrer que mon propos n'est pas inepte. Pour les encourager. Je crois ainsi qu'une vie de Gourou n'aurait pas été pour me déplaîre, si tant est que l'on enlève la dimension malhonnête et scizophrénique de la fonction. Je suis plutôt comme la république, une et indivisible. Et très peu touché par une grande maladie que l'on appelle "contradiction". La quête du sens, vous vous souvenez ?
C'est mon truc ça, le sens. Vous imaginez donc la difficulté de vivre au sein de sociétés où l'impératif de sens arrive si loin derrière ceux d'apparence, de fuite, d'imitation ou d'imposture ?

"La France est une république une et indivisible" - Article premier du texte de 1958.

Oui, je sais, le jeu de mot du titre - légèreté de n'être - est facile. Mais "la facilité, c'est le talent qui se retourne contre nous". C'est Jean-Paul Sartre qui l'a énoncé.

Une autre objection ?

Un logiciel gratuit télécharge du Brassens.
La Staracadémy - notez bien le "y" - se détache en fond sonore.
Sur la table basse en verre IKEA, de la bière (superbe match de Lyon ce soir, au Pirée).
Beaucoup de Codes derrière moi dans la bibliothèque : civil, pénal, procédures, commerce, CGI, travail, et caetera.
Une imprimante et un très vieux téléphone.
Un immense plan de Paris plutôt joli.

Mon regard traverse la pièce (c'est une métaphore). En général, le lecteur aime pénétrer dans l'intimité de l'auteur.
Moi j'aime bien en tout cas.
Je te l'offre, lecteur.

Des clubs (golf) un peu partout.
Echarpe offerte par Chérie.
Whisky, Vodka, autres.
Tickets de cinéma valables.

C'est intéressant ? Ca plante le décor ? Vous kiffez, cher lecteur ?

Dressing ouvert dans l'entrée : costumes, chemises, polos.
Four micro-onde de la bibliothèque : hors-service.
Peu de livres, somme toute.

Une baie vitrée.
Des dizaines de classeurs (cours de Droit, autres matières).
Un peu de shit.

Bref, voilà le tableau de n'importe quel lieu étudiant. L'exercice est par conséquent nul.
Inadapté.
Ah non, il y a un "Monsieur Madame" sur le bureau.

Il est tard, en France, et pour ma part je commence à être fatigué. Je vais donc me plonger dans mon lit (oui c'est vrai, c'est encore une métaphore).
Comment ça un cliché ?

Je vais donc plonger sur mon lit.
Ca va, là ?

Et pour entretenir le suspens - je suis un auteur doué, n'oubliez pas - je vais juste avant vous présenter deux amis, dont on pourrait entendre parler dans les jours à venir en cet espace virtuel.
D'abord, Bolivar (c'est un nom d'emprunt) en stage à Taïwan. Il aime tellement les filles que ça le perdra peut-être. On aimait se battre nus dans les couloirs de l'internat. Il frappait fort.
Et puis John (c'est un nom d'emprunt, enfin, peut-être) qui est tellement drôle que ça rend pas du tout de façon littérale. Comique de situation. De répétition. Il maîtrise absolument tout. C'est lui qui bosse chez Price jusqu'en 2006. A cet heure précise il doit être en train de manager une équipe virtuelle sur internet (football).

Tiens au fait, je remarque à l'instant que l'un est aux Etats-Unis et l'autre à Taïwan. Bien sûr, je l'avais déjà noté, mais pas simultanément. Je ne m'étais pas rendu compte que ces deux amis n'étaient plus en France.
Et donc par définition plus ou moins loin du lieu où j'écris en ce moment - Paris.

Et justement, John vient de m'envoyer un mail. Je me permets de le "copier-coller", cela illustrera mon propos de façon honnête et dépouillée.

"reviens du resto avec l'équipe de Price,
suis completement bourré.
faut arrêter avec l'open vin, ca a brisé plus d'une carriere."
John, in Back in da game.

Hier, il me répondait à propos de son pied maltraité lors d'un match contre les gars de la Deutsche Bank (toujours football).
"Pour mon pied, ça allait de mieux en mieux, mais hier soir j'ai découvert qu'il était tout violet maintenant. Peur. La
grippe aviaire, gneeeh. C'est moche un gros pied violet, je te le dis.
Je réalise que j'ai pris une putain de semelle par cet enculé d'argentin.
Il etait dingue, s'est battu avec un mec de son équipe a la fin, jamais vu ça.
Mais il est resté tranquille avec moi ce bâtard, t'as vu.
M'a juste demis le pied."
John, in Back from the game.

Voilà, en plus des citations, j'ai décidé d'introduire des extraits de mails d'Albéric dans ce journal.
Il y a donc en quelque sorte deux leitmotivs dans ce travail.

Et deux occasions d'échapper à ma prose approximative.

(Bolivar vient de se connecter à MSN).

Mon sac n'est pas prêt. Le train part relativement tôt aujourd'hui. J'ai moyen sommeil.

Je commence sérieusement à apprécier votre compagnie.

Comments:
Salut, merci pour ton blog que je découvre via Sskizo. Pas tout à fait d'accord avec toi sur tout, mais oui, l'OL a fait un très beau match... et la révolution aussi ce serait bien, une vraie avec retournement des valeurs. Peux toujours rêver ;-) Au plaisir de te lire.
 
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