DE L'INSOUTENABLE LEGERETE DE N'ETRE

« La vérité est scandaleuse. Mais sans elle, il n'y a rien qui vaille. Une vision honnête et naïve du monde est déjà un chef- d'œuvre... À mesure que vous approchez de la vérité, votre solitude augmente. » Michel Houellebecq, in Rester vivant.
 

01 novembre 2005

La suite des événements


Mais justement, de quels événements parle-t-on ?
Ainsi, par exemple, ce que j'ai décris hier représente-t-il le moindre intérêt - à mes yeux ? Je ne le crois guère. Objectivement parlant.
La construction de ce journal vacille donc déjà.

Sinon, ma Chérie vient de m'expliquer au téléphone qu'elle prépare déjà ma carte de voeux pour Noël. C'est chou de s'y prendre à l'avance.

De mon côté - côté discothèque donc - c'est de plus en plus fort. La musique est vraiment "merdique". Elle ne présente bien sûr aucun intérêt d'un point musical - l'oeuvre est nécessairement faible, elle passe en soirée - mais ce n'est pas même efficace. C'est électronique, et juste merdique. Peu réussi.

Mais pour en revenir à ma propre personne, pourquoi j'écris tout ça (vas-y, dis moi pourquoi, t'as vu) ? Pourquoi je décris les choses, comme ça ? Je n'ai pas le talent de Zola, ni celui de Camus ! Rime en "u".
De plus, je n'ai pas même le besoin impérieux d'écrire ce journal. Mon équilibre personnel n'en dépend absolument pas. J'ai pas mal de choses à faire - comme le veux l'expression commune - et pas beaucoup de temps libre, finalement. Je m'ennuie très peu. Je suis heureux. Pour l'instant ma vie tient la route.

"Ecrire, c’est descendre dans la fosse du souffleur pour apprendre à écouter la langue respirer là où elle se tait, entre les mots, autour des mots, parfois au coeur des mots".
C'est Sylvie Germain qui a dit ça.
J'écris donc simplement car j'aime écrire. Et que j'aime notre langue. En gros, je vous emmerde.

En outre, ma prose est plus agréable que les tambours électros d'à côté. J'en suis convaincu.
" C’est dans l’immonde que j’ai connu la grâce d’écrire", écrit quand à lui Eric Bénier-Bürckel.
Là, je suis parfaitement dans le sujet.

" Ecrire, c'est flotter dans le vide."
Rosa Montero.
Là encore, je suis pas mal..

Mais au delà de tout, j'aime donner du sens. Alors je vais m'y astreindre. Je suis moralisateur. Chrétien.
En outre, je suis abonné en tribune Auteuil. Il faudra que je décrive plus tard ma passion pour le Paris Saint Germain. Je suis abonné derrière le but à gauche sur l'écran, pour les novices en matière de football et de championnat français.
Je ne suis pas hooligan, à savoir que je ne suis pas violent - pour s'en tenir à une définition simple du hooliganisme.
J'écris donc pour moi, pour donner un sens aux choses.
Je suis fier d'être à Auteuil Rouge, tribune multi-ethnique et majoritairement prolétaire.

Ces cons à côté se mettent à chanter tous ensemble et faire des "yeah, yeah", et à siffler..

"Ecrire pour faire passer un message trahit la fonction primordiale du roman, sa raison fondamentale, celle de la recherche du sens."
Encore Rosa Montero.

J'entends les premiers prendre l'ascenseur. Ils ont bien fait semblant de s'amuser. Ils ont tenu jusqu'à deux heures. Paye ton taxi maintenant.

Nuit.

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Rédacteur Agoravox