DE L'INSOUTENABLE LEGERETE DE N'ETRE

« La vérité est scandaleuse. Mais sans elle, il n'y a rien qui vaille. Une vision honnête et naïve du monde est déjà un chef- d'œuvre... À mesure que vous approchez de la vérité, votre solitude augmente. » Michel Houellebecq, in Rester vivant.
 

30 novembre 2005

En direct de l'Assemblée Nationale


Un propos tenu à l'instant par le Député Grosdidier, évoquant les "you-you" résonnant dorénavant dans les mairies à l'occasion de nombreux mariages.

Assemblée chauffée à blanc. Opposition révoltée.

Le propos en question va faire beaucoup beaucoup parler. Je suis prêt à parier.

Le propos en lui même n'a pourtant rien d'illégal. Bien loin de là.

Et pourtant. La polémique va faire rage sur les blogs.
Dans la presse.
Ailleurs.

Elle est pourtant stérile, cette polémique à venir.
Signe d'une société malade. Qui dramatise et accuse.
Sépare au lieu de rassembler.

Aujourd'hui il y a certains mots que l'on a plus le droit de prononcer : immigration, arabe, musulman.
Et dire que c'est ce mécanisme même qui nourrit l'incompréhension, la peur de l'autre et au final le racisme !
Il faut dès aujourd'hui ajouter à la liste le mot "you-you". Un gros mot, apparemment...

L'opposition est lamentable.

Alors bien sûr, Grosdidier est maladroit, certainement névrosé et peut-être un peu irresponsable.
De la même façon que l'on a pu reprocher certains mots à Sarkozy, nul doute que l'on ne manquera pas de signaler à Grosdidier qu'il doit choisir ses mots et ne pas jeter d'huile sur le feu.

Fatigue.

http://j.scharwatt.free.fr/faceaface.mp3

 

23 novembre 2005

Limpidité


La réponse de Sarkozy à Kassovitz est un modèle.

Kassovitz défendant des idées partout ressassées, le discours se positionne de plus comme une réponse à tous ses détracteurs.
Il est par conséquent excellent.

Il faudra en effet être plutôt "costaud" pour apporter la contradiction.

Voilà par conséquent qui élève un débat nécessaire et jusqu'alors peu érudit.

Je me permets ici de retranscrire "texto" le commentaire laissé par Sarkozy ou posté pour lui directement sur le site de Kassovitz.

“Monsieur,

J’ai pris connaissance de vos propos développés sur votre blog relatifs à la crise qui a traversé plusieurs de nos banlieues. Au-delà de vos flèches caricaturales et provocantes dont je suis la cible, j’ai tenu à vous répondre personnellement car je crois aux vertus du débat et de l’échange, notamment avec celles et ceux qui ne souscrivent pas à mes idées ou mes actes.

Le premier point qui m’a frappé à la lecture de votre blog, c’est qu’il laisse fortement entendre que la crise actuelle a surgi soudainement, comme par un malheureux hasard. Vous l’attachez de façon réductrice et manichéenne à ma personne et à quelques mots prononcés par moi-même... Ces mots, j’assume leur tonalité directe et franche car ils sont fondés sur la réalité d’un quotidien vécu par une majorité de nos concitoyens dans les cités. Au surplus, j’estime que le "politiquement correct" et la langue de bois qui prévaut depuis des décennies ne sont pas indifférents à la montée du vote extrémiste dont je combats depuis toujours les idées et les leaders.

Vous connaissez, semble-t-il, suffisamment "les quartiers" pour savoir, au fond de vous-même, que la situation est tendue depuis de longues années et que le malaise est profond. Votre film, "La haine", qui date de 1995, évoquait déjà ce malaise que des gouvernements, de droite comme de gauche, ont dû gérer avec plus ou moins de réussites. Limiter cette crise aux faits et gestes du Ministre de l’Intérieur, c’est, d’une certaine façon et une fois encore, passer à côté des vrais problèmes. Je mets cela sur le compte d’un coup de cœur mal placé.

Le second point qui m’a heurté, c’est que vous paraissez vous faire, sans nuance, le porte-parole d’une minorité de casseurs plutôt que l’interprète d’une majorité de familles et de jeunes qui vit, elle aussi, dans les cités et qui en a assez de constater que la culture de la violence et des rapports de forces s’est imposée sur celle de l’Etat de droit. Pourquoi n’avoir aucun mot pour ceux dont la voiture a brûlé, les privant ainsi d’un outil de liberté et de travail durement acquis ? Pourquoi ne pas évoquer ces jeunes dont les gymnases ont été réduits en cendres et ces enfants dont l’école est détruite ? Pourquoi, par ailleurs, n’avoir aucune pensée pour les 110 policiers blessés, les pompiers caillassés et les médecins injuriés ?

Votre proximité affective à l’égard des jeunes des cités est compréhensible et estimable, mais j’ai le sentiment qu’elle vous conduit à accepter ce qui n’est pas acceptable. Ce n’est pas rendre service aux banlieues que de prendre fait et cause pour une minorité dont les actes sont répréhensibles et parfois même meurtriers. Je crois même le contraire. Vivre dans un quartier populaire ou être le fils de parents ou grands-parents immigrés n’autorise nullement à lancer des cocktails molotov sur la police et des pierres sur les pompiers. Laisser entendre le contraire, c’est, selon moi, insulter toutes celles et tous ceux qui, dans des conditions d’existence identiques, se comportent en citoyens responsables.

Je n’ignore nullement le fait que derrière cette crise il y a des facteurs économiques, sociaux et culturels. J’en ai mesuré l’ampleur et c’est pourquoi je défends, notamment, le principe de la discrimination positive ou encore le vote des étrangers aux élections municipales. Il est temps de briser l’égalité de façade dont notre pays est coutumier depuis trop longtemps ! Il est temps de donner toutes ses chances à la France plurielle dont j’estime qu’elle est un atout et non un handicap ! A cet égard, je veux vous dire que la Police est sans doute le service public le plus représentatif de cette France plurielle que j’appelle de mes voeux.

Cette nouvelle impulsion dont les quartiers ont tant besoin, ne peut être engagée en l’absence d’un rétablissement des règles républicaines. Le développement des trafics, des violences, des "tournantes", de l’immigration clandestine, minent tous les efforts que nous pouvons entreprendre. En ces zones de non-droit, l’ordre républicain n’est pas l’adversaire du progrès, mais bien son allié.

Nous sommes en présence d’une des crises urbaines les plus complexes et les plus aiguës que nous ayons eu à affronter. Elle exige de la fermeté et beaucoup de sang-froid. Ces sont ces instructions précises que j’ai données aux forces de police et de gendarmerie. Elles agissent avec une maîtrise et un professionnalisme qui font honneur à notre démocratie. Au cours des quatre dernières semaines, certaines de nos unités ont fait face, dans le calme et la discipline, à une violence dont je vous demande de ne pas sous-estimer la brutalité.

Voilà les quelques réflexions que m’inspire la lecture de votre blog. Je sais que vous êtes, avec votre style et vos convictions, à la recherche d’une prise de conscience des pouvoirs publics vis-à-vis des banlieues. Depuis tant d’années, beaucoup d’argent a été engagé, beaucoup d’efforts ont été entrepris par les services de l’Etat comme par les acteurs de terrain. Les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Nous y avons tous notre part de responsabilité. Comment faire mieux et autrement ? Cette question, il faut maintenant la résoudre.

Demeurant disponible pour poursuivre, si vous le jugez utile, notre échange de vive voix, je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Nicolas Sarkozy.”

Qui dit mieux ?

 

Le député BRARD a dit


"Ce qui est bon pour le MEDEF n'est jamais bon pour le pays".

...

Chers lecteurs, comment voulez vous que l'on s'en sorte ?

 

Sur l'air de "Allez venez Milord"


Allez Paris, SG
Vous êtes notre fierté
Vous allez enflammer
Ce stade de légende

Et du virage Auteuil
S'élevera en choeur
D'une voix phénoménale

Cette chanson capitale
La la la la, la la...

 

22 novembre 2005

L'action affirmative : la discrimination positive en action.


Ouverture de boîte mail, c'est du classique.
C'est du Guido.

"Salut Damien, as-tu noté que la côte de Nicolas SARKOZY a bondi de onze points ? Il est désormais l’homme politique préféré des français. Etrange, à écouter les medias français, j’aurais plutôt cru qu’il était au bord du gouffre, et que ces déclarations sur les émeutes lui auraient bientôt valu un carton rouge gouvernemental. Cela conforte mes convictions : le problème de partialité du paysage audiovisuel français (des journalistes ?) va bien au de là du seul Zapping.

Enfin, j’ai récemment lu un bouquin pas mal de Nicole BACHARAN, historienne spécialiste des Etats-Unis et auteur de "Faut-il avoir peur de l'Amérique" ? Ca change un peu de tous ces bouquins racistes qui trônent en tête de gondole des librairies françaises (Etats-Unis : Génocide et Crime contre l’humanité, etc.).

Bref, je recommanderais essentiellement ce livre pour son passage sur « l’action affirmative ». Un passage qui m’a définitivement conforté dans le fait que Dominique de Villepin ne m’a pas convaincu, mais bien énervé.
Hors, dans mon journal favori, j’ai trouvé un article de madame sur la chose.

Puis je t’en rapporter les grandes lignes ?


« Au lieu de se plaindre du regard parfois caricatural que les étrangers portent sur la crise des banlieues, il serait plus opportun d'étudier les méthodes qu'ils ont utilisées pour favoriser l'intégration. Ainsi l'« action affirmative » pratiquée aux Etats-Unis depuis les années 60 mérite un examen attentif et lucide, fondé non sur des idées reçues comme il en circule tant en France, notamment dans les cercles gouvernementaux, mais sur les faits.

La traduction française « discrimination positive » est une absurdité : le mot « discrimination » n'a jamais eu le moindre sens positif ni en français ni en anglais. Adopter un terme aussi contradictoire, c'est discréditer d'emblée la méthode. La vraie discrimination (forcément négative), c'est la réalité de la France aujourd'hui.

Qu'est-ce alors que l'« action affirmative » ? Ceci : les entreprises et les agences publiques doivent engager des employés issus des minorités sous peine d'être en infraction avec la législation sur la non-discrimination dans l'emploi, et les universités doivent considérer que l'appartenance à une minorité est un « plus » dans le dossier d'un étudiant, comme le sont les activités sportives ou civiques. L'action affirmative, c'est un « coup de pouce » donné aux minorités, et non l'instauration de quotas. Contrairement à ce que l'on dit souvent ici, les quotas sont interdits aux Etats-Unis.

Il est aussi faux de dire que chaque Américain serait définitivement « fiché » selon sa « race ». Déclarer son appartenance ethnique, lors du recensement d'une candidature dans une université ou dans une entreprise, est toujours facultatif. L'appartenance ethnique n'apparaît ensuite sur aucun document officiel (permis de conduire, carte de Sécurité sociale, passeport). Rappelons que la carte d'identité n'existe pas aux Etats-Unis.

On oppose souvent le « modèle républicain à la française » à un prétendu « modèle communautariste à l'américaine ». Cela n'a pas de sens. Les deux Constitutions - française et américaine - garantissent l'égalité de tous les citoyens sans distinction de sexe, de religion ou d'origine. Aux Etats-Unis, l'action affirmative n'est ni un principe constitutionnel ni le projet de figer la société dans des divisions communautaires. C'est une méthode pragmatique, pour faire entrer les minorités défavorisées dans la marche économique de la nation.

Quarante ans après cette déclaration, on ne peut que constater les progrès accomplis : en 1960, seuls 13 % des Noirs faisaient partie de la classe moyenne ; ils sont aujourd'hui 66 %. Certes, ces chiffres signifient aussi qu'un tiers des Noirs vivent encore dans la pauvreté (comme l'a montré la catastrophe provoquée par l'ouragan Katrina) et que bien du chemin reste à parcourir. Mais passer de 13 % à 66 % d'« intégrés économiques » dans un pays héritier de l'esclavage et de la ségrégation, c'est une impressionnante avancée. Colin Powell a dirigé l'armée des Etats-Unis, et Condoleezza Rice conduit les Affaires étrangères.

C'est vrai, cette méthode n'est pas sans défaut : elle provoque frustrations, conflits, procès ; elle s'accompagne d'une bureaucratie tatillonne. Il ne faut pas croire que les Américains s’y soient jamais pliés facilement. Pour que les gouvernements successifs et les tribunaux l'aient imposé, il a toujours fallu deux clés. D'abord, la prise de conscience nationale que sans intégration l'avenir du pays tout entier était en danger, et c'est cette prise de conscience qui sous-tend la volonté politique. Ensuite, une économie dynamique et créatrice d'emplois : quand les jobs sont rares, il est très difficile, sinon impossible, de faire accepter que des postes soient réservés à une catégorie de citoyens. Le chômage, c'est l'une des causes principales de l'échec de l'intégration en France.

Pas plus qu'elle ne prône le communautarisme, l'action affirmative ne le crée. Mais elle prend acte que le communautarisme existe et s'efforce de le combattre. Oui, il peut sembler choquant, sur le plan des principes, d'identifier les citoyens selon leurs origines ethniques. Mais c'est oublier que dans la réalité ces citoyens sont déjà identifiés comme tels, qu'ils sont déjà séparés les uns des autres dans des communautés tenues à l'écart, et qui, par voie de conséquence, se replient sur elles-mêmes. Vaut-il mieux s'arc-bouter sur des beaux idéaux au prix d'un dramatique immobilisme ? Ou opter pour le moindre mal, c'est-à-dire regarder la réalité de la France en face et tâcher avec détermination et modestie d'ouvrir vraiment les portes de l'intégration ? »

(Nicole BACHARAN, extrait en partie du Figaro du 17 novembre 2005)


Guido".

Chers lecteurs, un contre-argument ?

 

17 novembre 2005

Pedigree


Le terme Curriculum Vitae – en latin - peut se définir comme « cours de la vie ».

En matière de vie professionnelle, c’est le document écrit qui renseigne sur l’état civil, les titres, les capacités et les activités passées d’un individu.
C’est donc sur cette base que l’employeur va d’abord distinguer parmi de multiples candidats.

Pourtant - dans ce même temps - l’article 122-45 du Code du Travail énonce qu’ « aucune personne ne peut être écartée d'une procédure de recrutement » en raison « de son origine, de son sexe, de ses moeurs, de son orientation sexuelle, de son âge, de sa situation de famille, de ses caractéristiques génétiques, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son patronyme ou en raison de son état de santé ou de son handicap.”

Ainsi, notamment, un employeur n’a pas le droit de se fonder sur la nationalité d’un candidat pour refuser de l’embaucher, sur son appartenance à une ethnie, une nation ou une race, sur son apparence physique ou son patronyme.

L’employeur n’a pas le droit.
C’est aussi simple que cela. Et c’est notre loi.
Par voie de conséquence, toute disposition ou tout acte contraire à l'égard d'un salarié sera déclaré nul de plein droit.

Encore une fois, c’est aussi simple et strict que cela.
Qu'en pensez-vous, chers lecteurs ?

Dans ces conditions, je ne vois vraiment pas quel argument valable pourrait être opposé à la généralisation par la loi du Curriculum Vitae anonyme, puisque – tout simplement – l’employeur n’a pas le droit de se fonder sur l’état civil du candidat pour faire son choix.

Alors bien sûr, les discriminations illégales seront certainement tout aussi nombreuses, et notamment au stade de l’entretien d’embauche.
Alors bien sûr, les discriminations légales sont tout aussi injustes et iniques que celles réprimées par la loi. Et notre ensemble social est malade au point de les exacerber.

Mais néanmoins, en confrontant directement - par l'intermédiaire du CV anonyme - les populations discriminées aux employeurs, il y a fort à parier que l’on parviendra peu à peu à réduire les comportements frauduleux.

Et ce sont ces populations illégalement discriminées mêmes – handicapés, seniors, musulmans et caetera – qui convaincront au mieux les employeurs de leurs qualités, de leur savoir et de leurs compétences.

Tout du moins, je le crois.

Non ?

 

16 novembre 2005

Paris est tragique


Ouverture de boîte mail, nouveau message de Guido.

Vous connaissez ma passion pour le Paris Saint Germain.
Par conséquent, son avis sur la situation actuelle du club parisien m'intéresse au plus haut point.
Et vous ?

"L’autre jour on m’a raconté l’histoire de Jason Marriner et Andrew Frain. C’est une histoire assez banale, mais dont je trouve la moralité très instructive.

"Andy, alias le cauchemar, 36 ans habite à Reading. Jason, 33 ans, habite à Feltham. C’est à peu près tout ce qui sépare ces deux hommes. Tous deux sont supporters des Blues de Chelsea. Avant chaque match, Andy et Jason descendent 5 litres de bières dans le pub à côté du stade. Le match ? A vrai dire ils s’en moquent complètement. C’est juste l’occasion de retrouver leurs potes supporters aux crânes bien luisant : Les Chelsea Headhunters. Une bonne partie d’entre eux sont membres de Combat 18 ou du KKK britannique. Inutile de préciser qu’il ne s’agit pas d’associations culturelles. Pendant 90 minutes, l’emploi du temps est bien chargé pour les deux compères : saluts nazis, jet de cacahouètes, cris de singes. Mais les deux imbéciles ne se privent pas d’applaudir Jimmy Floyd Hasselbaink, tout comme ils applaudiraient aujourd’hui Didier Drogba. Ce qu’ils attendent avec impatience, c’est la fin du match. Ah là là ! Une bonne bagarre, couteaux et barre-à-mine en bandoulière ! Ce soir, rendez vous à Victoria Station, car il faut coller une raclée à ces ordures de supporters d’Aston Villa. Bilan de la chasse : 2 « ordures » paralysées à vie et un Bobby défiguré. Quelle sacrée tranche de déconne ! La soirée se terminera comme tous les samedis, à Traffalgar Square, par une bonne tournante, si possible avec une gamine de 18 ans maximum. La semaine prochaine, Andy et Jason seront du côté de White Heart Lane pour « casser du juif ». Andy et Jason détestent les Hotspurs de Tottenham. »

Moralité : En 1999, Andy et Jason ont été condamnés à 8 ans et 7 ans de prison ferme avec interdiction à vie de pénétrer dans une enceinte sportive. La justice mène actuellement des investigations afin d’établir la responsabilité d’Andy dans plusieurs affaires de viol sur mineurs.

Tu vois Damien, j’ai honte de mon stade de football favori. J’ai presque honte d’aimer un club qui a en son enceinte les pires supporters de France. Car n’ayons pas peur des mots. Oui, l’ambiance au Parc des Princes est nauséabonde avec tous ces imbéciles qui lèvent le bras et déploient des banderoles mal inspirées « Allez les Blancs » (PSG-Lens 2004/2005). C’est vrai que les mecs de Boulogne, on ne les entend pas beaucoup chanter. Pour siffler Pedro et gueuler « démission », ils sont bien là. Mais il faut croire que l’alcool anesthésie les cordes vocales. J’en ai marre d’aller au stade encadré par 500 CRS, de me faire fouiller 3 fois avant d’accéder à ma place. Mon père m’a emmené voir les exploits de Montpellier en Coupe d’Europe quand j’avais 6 ans. Depuis j’ai choppé le virus. Dans ces conditions, penses tu vraiment que je pourrai contaminer mon fils ?

Alors, je me pose quelques questions sur les intentions de Monsieur Blayau : « virer Larrue et se poser en victime ». C’est un peu ce que je te disais hier pour Villepin, « paye la rançon, tu retrouveras la paix sociale ». Sauf que le retour de flamme ne s’est pas fait attendre, et le conflit entre supporters enfle de jour en jour. Combien de temps cela va-t-il encore durer ?

L’incompétence des dirigeants parisiens est telle que c’est à se demander s’ils ne sont pas de mèche. Alors je prie bien fort pour que l’ami Sarko, lui aussi grand supporter du PSG règle le problème. Il faut que tout les Jason Marriner et Andrew Frain du Parc des Princes croupissent en prison pour quelques années. Il faut fermer les tribunes où ces hurluberlus se cachent. Il faut les interdire de stade à vie.

Guido, Rouge et Bleu."

Cela a le mérite d'être clair.

Pour ma part, je crois en effet que la peur ne devrait pas faire partie des émotions inhérentes à un match au Parc des Princes. Or, pour beaucoup de monde - qui plus est de façon parfois justifiée - la peur est une réalité.
Cela n'est pas normal.

J'aime tellement le Parc quand il chante et s'enflamme à n'en plus finir que le contraire me déprime. J'ai connu des moments vraiment inoubliables dans ce stade de légende.

Mais dans le même temps, je n'ai pas nécessairement envie d'un stade asceptisé. "Propre". Le stade, c'est le lieu du peuple. Il ne faut pas que cela change.
De plus - pour reprendre l'un de mes précédents billets - tous les Boulogne Boys ne sont pas racistes. Je vous l'assure. C'est valable aussi pour les autres groupes et associations de supporters en tribune Boulogne.

Simplement, notre société a posé des règles. Elle a des lois.
J'aimerais simplement que ces lois soient respectées, y compris dans nos stades, qui ne doivent pas devenir des lieux de non-droit.

Tout simplement.

 

15 novembre 2005

"Je ne veux pas etre l'arabe qui cache la foret", Azouz Begag.


Gao Xingjian a énoncé : "la culture n'est pas un luxe, c'est une nécessité".
On connaît la formule.

Guido est mon ami. Et en plus d'être doté d'un esprit brillant, il est génial. Car non seulement il a prit Xingjian au pied de la lettre, mais en plus il envoie des mails que je peux reproduire intégralement dans ce journal !
Vous vous souvenez, chers lecteurs : l'un des deux fils conducteurs. La correspondance.

En l'espèce, Guido dresse une toile impressioniste de la situation politique actuelle, à la chandelle des événements récents.

"Hier soir j’ai allumé ma télé et je suis tombé un peu par hasard sur notre président de la République. J’ai trouvé qu’il avait pris un sacré coup de vieux depuis le 14 juillet. Mais bon, il avait l’air toujours aussi cool que sa marionnette des guignols. En configuration lunettes noires - version www.appel-de-cochin-le-bruit-et-les-odeurs.org - je m’attendais à des déclarations fracassantes.
En fait, j’avais oublié que Noël, c’est seulement une fois par an.

Jacques Chirac a pris la mauvaise habitude ces derniers temps de ne rien dire ou de parler pour ne rien dire. Peut on vraiment lui jeter la pierre ? Alors que des milliers de voitures brûlent la classe politique est restée hémiplégique, plus prompte à se chauffer pour la course présidentielle et à préparer les 72 H du Mans.

En revanche, je trouve que notre Premier Ministre, lui, avance ses pions tranquillement.
Il faut reconnaître que Dominique de Villepin a l’art du contre-pied. Il a été à bonne école. En proposant des centaines de millions d’euros d’aides directes ou indirectes aux associations et en promettant des dizaines de milliers d’emplois assistés, le gouvernement a fait machine arrière toute. Monsieur Galouzeau de Villepin serait il aveugle au point de renouer avec le saupoudrage de subsides publiques qui a tenu lieu de politique de la ville pendant 25 ans ? En réalité, il applique la bonne vieille recette : « paye la rançon, tu retrouveras la paix sociale.

J’habite à Cergy. Oh, vous me direz bien que nous n’étions pas les plus à plaindre pendant les évènements de ces dernières semaines. Certes. Mais, si le Premier Ministre avait eu 10 % du courage dont fait preuve son Ministre de l’Intérieur, il aurait pu se déplacer jusque dans le 9-5. Il y aurait vu qu’il y est presque impossible de se balader la nuit. Il y aurait vu que de plus en plus de femmes sont couvertes de honte des pieds à la tête. Il y aurait vu qu’ici on célèbre Noël en organisant de fabuleux Méchouis dans la voiture de son voisin.

Bref, il y a bien longtemps que les habitants de ces quartiers se sont détournés de la France. « La Fraternité républicaine » que le Premier Ministre nous ressasse : il y a des lustres que ceux qui sifflent la marseillaise s’assoient dessus. Nous portons tous une part de responsabilité, à commencer par les menteurs qui ont promis monts et merveilles aux immigrés avant de les parquer dans ces zones de non droits.

Que dois je alors penser de ce N+1ème plan gouvernemental ? Que penser de celui qui en 100 jours voulait changer avec des mots le destin de la République ? Aujourd’hui, même si les Fatwas de l’UOIF n’ont pas ramené le calme, il faut bien reconnaître que les seules associations efficaces sur le terrain sont les organisations islamistes qui comprennent, aident et offrent des solutions à beaucoup de ces jeunes sans travail. Je ne sais pas pour vous, mais je ne tiens pas forcément à ce que mes impôts financent un Hezbollah français. Nous allons construire des écoles, des bureaux de postes, créer de nouvelles lignes de bus. Soit. Mais ces caillasseurs de flics n’en veulent pas et, en plus, nous leur fournissons le combustible de demain. Enfin, si les zones franches, au nombre de 100 désormais, sont une bonne initiative, elles restent une solution peu pérenne et aux résultats en demi teinte.

L’ampleur de la réponse de l’Etat doit être à la hauteur du défi. Faire régner l’ordre dans les cités est le préalable à toute mesure. Tirer au fusil à pompe sur des CRS ne doit plus être une discipline olympique, mais redevenir un vrai danger de mort. Monsieur Borloo qui annonce beaucoup et avance à reculons (au point d’être tancé par Jacques Chirac, un comble !) doit détruire les barres HLM et proposer un logement à tous. L’Etat doit inciter les gens à travailler et inciter les entreprises à embaucher. La France doit redevenir attractive et compétitive. Enfin, il faut lutter contre les discriminations de manières radicales quitte à imposer des quotas aux entreprises, au premier rang desquelles, les entreprises publiques. Il est très amusant de voir que ceux qui jettent leur venin sur les Etats-Unis sont les mêmes qui poussent des hauts cris lorsqu’on parle de discrimination positive. Il faut objectivement reconnaître que le jour où nous aurons un Maire de Paris ou un Premier Ministre issu de l’immigration est encore très loin.

Nous préférons de loin notre Azouz Begag national. La caution « 9-3 represents » du gouvernement n’est en réalité qu’un triste sire, dont les propos subversifs et insultants lui ont valu une expulsion du territoire américain et les remontrances du Premier Ministre. Quelle honte !

Il ne s’agit que de pistes qui n’ont dans l’ensemble jamais été expérimentées en France. Nous n’y perdrons rien et certainement pas notre prétendu modèle sociale et d’intégration qui n’a probablement jamais existé. Il est encore temps d’éviter de nouvelles émeutes, de nouveaux 21 avril, en prenant le problème à bras le corps.

Malheureusement en France, l’idéologie a tendance à résister aux faits. Edgar Faure disait « le peuple français est le peuple le plus intelligent de la terre. Voilà pourquoi, sans doute, il ne réfléchit pas » (in la Découverte de l'archipel). Il est grand temps de faire travailler son cerveau et d’agir vite. Sinon, il y a fort à parier que dans dix ans, des dizaines de bandes de Gazaa surgiront en France. Il sera alors trop tard et nous serons tous coupables. Oui, coupables.

Guido."

Merci néanmoins à notre ministre Begag d'employer les vrais mots, n'en déplaise au Premier ministre.

 

07 novembre 2005

Figure imposée


Il aura donc fallu une catastrophe humanitaire d'ampleur inégalée pour que la frontière Indo-Pakistanaise s'ouvre. Tout du moins, fasse mine de s'ouvrir.

Et pendant ce temps là - en France - des émeutes particulièrement violentes et nombreuses secouent chaque jour et chaque nuit nos banlieues. De nombreux auteurs - écrivains, chanteurs ou cinéastes - avaient bien sûr prévu le phénomène depuis longtemps et mis en garde nos élites. En effet, que des personnes désespérées et vivant des dans conditions épouvantables en arrivent à de tels agissements n'est en rien surprenant. Cela semble même tomber sous le sens, comme le veut l'expression populaire.

Ainsi - par conséquent - si les agissements en question sont certes illégitimes et particulièrement injustifiables, ils sont parfaitement compréhensibles.

Il aura donc fallu cela - une flambée de violence spectaculaire - pour que certains de nos hommes politiques, de nos penseurs et de nos journalistes, comprennent l'ampleur et la gravité de la question sociale dans ces zones - dans ces quartiers et dans ces villes.
Il aura donc fallu cela pour qu'ils comprennent l'impérieuse nécessité de lutter rapidement et efficacemment contre la pauvreté, l'insalubrité et l'insécurité dans nos banlieues.

Avant qu'il ne soit encore plus tard que trop tard.

On évoque désormais la nécessité d'un "Grenelle des banlieues". L'expression revient ainsi de plus en plus, ces jours-ci.
At last.
Ce n'est pas trop tôt, comme dirait l'autre.

Mais au-delà de ce simple et facile constat, la question qui se pose est celle du traitement de cette violence. Et c'est bien là tout l'enjeu du débat.

Ainsi, c'est précisément sur ce point que vont s'illustrer - par leur étroitesse d'esprit - les mêmes qui ne comprennent pas que l'on puisse être libéral et social. Une fois n'est pas coutume.
Les mêmes qui manient l'amalgame avec talent, en tout domaine et en toute occasion.
Les mêmes qui manipulent les esprits dans l'inique dessein de soigner leurs névroses.

Car en effet, l'alternative me semble évidente :
- soit l'on justifie - à des fins notamment électorales - des crimes et des délits ignobles, et je crois par conséquent que l'on prépare un nouvel et explosif "21 avril" - avec un deuxième tour sans candidat de gauche en 2007.
- soit au contraire, l'Etat lutte sans relâche contre une minorité de criminels agissant à l'endroit même où des dizaines de milliers de pauvres, malades ou désoeuvrés restent malgré tous leurs maux dans le cadre de nos lois républicaines.

En effet, en stigmatisant une minorité, Sarkozy me semble effectuer clairement la distinction entre "fauteur de trouble" et - en vrac - "jeune, immigré, chômeur, rappeur, musulman, habitant de cité, maghrébin, africain, et caetera".
Cette distinction - dans l'opinion publique - est essentielle.
A défaut, il y a fort à craindre que le débat politique ne se résume à un dialogue extrême-gauche contre extrême-droite, poussant les démocrates et les républicains à déserter le champ politique pour rejoindre des terrains plus délicats.

Pour ma part, j'ai un rêve.
Celui d'une société dans laquelle les individus seraient courageux – moins lâches. Une société où l’honnêteté intellectuelle serait érigée au rang de valeur fondamentale. Concrètement, un ensemble social où chacun serait apte à reconnaître ses erreurs, ses limites, et à prendre en compte l’intérêt général de l’ensemble social qui lui permet de survivre.

Mais ce raisonnement devient inepte dès lors que l'ensemble social n'assure plus la survie de chacun de ses membres.

Et c'est exactement l'enjeu même du débat.

La refonte - par delà nos Institutions - de notre façon de comprendre et de faire la politique.
La construction d'un nouvel idéal social et économique qui prendrait en compte chacun des acteurs - passifs ou actifs - qui constituent aujourd'hui notre société.
L'acceptation définitive et constructive des différentes composantes sociales, religieuses et ethniques formant aujourd'hui notre nation.

Une prise de conscience collective de l'importance majeure de chacune de ces composantes dans l'avènement et la pérennisation d'une société tolérante, libérée de ses entraves idéologiques, économiquement prospère et redistributrice.

 

04 novembre 2005

Heureux qui comme Camus


“L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est”. Camus, in L’homme révolté.
L’assertion est sentencieuse, défintive - même une fois replacée dans son contexte - mais certainement très juste. Pertinente.

L’homme maîtrise en revanche parfaitement le principe de malhonnêté intellectuelle. J’ai encore eu l'occasion de le constater très récemment.
C’est intéressant.

Et de fait, la manifestation concrète d’un phénomène attendu est toujours la source d’une très grande satisfaction.

Ainsi - et c’est bien connu - tous les Boulogne Boys sont des “nazis”.
Michel Houellebecq est un con, et qui plus est, il écrit mal (presque autant que moi).
Il n’est pas compréhensible d’écouter Brassens et d’avoir déjà voté à droite.
Et caetera.

Voilà un résumé grossier et facile des toutes premières et sporadiques réactions suscitées par ce journal. Mais c’est révélateur. Tout du moins, je le crois.

Pour ma part, je suis à l’occasion de chaque match du Paris-Saint-Germain présent parmi les gens qui se font insulter et agresser par des individus racistes et violents - et en outre parfois amicalement charger par les CRS (ça fait d’ailleurs bizarre la première fois). Donc nul besoin de préciser que je ne porte pas les dits “nazis” dans mon coeur. Il s’en faut de peu.
Et pourtant, loin de moi l’idée de faire un raccourci aussi facile que celui précédemment exposé. Tous les Boulogne Boys 85 ne sont donc pas des “nazis”. Je vous l’assure.

De même, il est devrait être envisageable de citer Houellebecq sans être taxé de xénophobie. Tout du moins, j’ose le penser.
A défaut, il faudra m’expliquer très précisément le raisonnement qui conduit à ce postulat.

Et caetera.

“Trois ans pour faire un livre, cinq lignes pour le ridiculiser et des citations fausses”. Albert Camus, in Carnets.

 

02 novembre 2005

Ceux qui aiment prendront le train


Gare Montparnasse. Voie 7. Avez-vous déjà essayé de tirer un sac de voyage dont les roulettes ne touchent pas le sol ?
Voiture numéro 15. Sièges 47 et 48. Par chance, nous échappons au “carré” et donc à la promiscuité forcée. A ce titre, j’admire particulièrement les filles qui voyagent souvent en train - prêtes à passer régulièrement 5 ou 6 heures juste en face d’un pervers (à savoir en fait un homme) qui essayera de leur faire du pied pendant tout le trajet.

Imaginons maintenant un instant que je sois mauvais.
Le chef de gare siffle bientôt et déjà le train se met en branle. Le départ est cotonneux. Le paysage défile doucement sous nos yeux. Plus haut, le ciel gris-bleu voit se dessiner en son sein de jolis nuages. Ils me font penser à un planisphère en mouvement. Dans ces moments là, on se dit que la vie vaut la peine d’être vécue.

Soyons sérieux.
Un impératif économique certain oblige le salarié SNCF à démarrer sa machine presqu’à l’heure prévu. Le départ est efficace. Difficile de regarder le paysage en raison d’un déjeuner un peu trop lourd et surtout trop vite avalé sur le quai. Plus haut, le ciel doit être certainement bleu - en général ,c’est plutôt le cas. J’apperçois de gros nuages très impressionants, ça fait un peu peur. Dans ces moment là, on se dit que la vie vaut la peine d’être vécue.

En général, lorsque je suis seul, je passe pas mal de temps au bar - généralement en voiture 14 - à dépenser des sommes exhorbitantes en
Kronembourg et autres Whiskies. C’est une tendance masochiste comme une autre.
Là, Chérie termine le journal et je viens pour ma part de finir Public. Je participe de fait activement au triomphe de la presse de ceux qui ne savent pas lire, pour reprendre l’expression avec laquelle titrait Kahn récemment.

Sinon, le rideau vert est assez mal étudié, il revient sans cesse vers le passager par petites vagues.
Le Train à Grande Vitesse roule à grande vitesse.
Le petit bébé tout mignon pleure.
Le vieux à côté dort.
Le petit bébé pleure.
Le vieux à côté ne dort plus.
Le petit commence à faire chier.

Ce ne sont pas les distances qui éloignent les hommes, mais bien les moyens de communication mis à leur disposition.

“- Knock knock !
- Who's there ?
- Candace !
- Candace be true !?”
Anonyme.

Il semblerait de plus que j’ai un avis sur tout. Et dans un train - plus particulièrement - les conversations des voyageurs, les pages des magazines ou bien encore les terres que l’on parcoure sont autant d’occasions de réfléchir à la société qui nous entoure.
Mais rassurez-vous, en général je garde tout ça pour moi. Je ne débats pour ainsi dire jamais avec les autres. Le plus souvent, je dis “oui, c’est vrai, je pense que tu as raison”.. Et ça semble faire plaisir à mes rares interlocuteurs. Les gens aiment bien avoir raison, c‘est très commun.
Mais néanmoins il est clair que j’aime argumenter et j’aimerais notamment en ce lieu : enscencer l’Abbé Pierre, défendre la chirurgie esthétique, lutter pour le retour des maisons closes ainsi que la légalisation du canabis, soutenir publiquement M. Nicolas Sarkozy, défendre l’oeuvre de Michel Houellebecq, tendre à éradiquer le racisme dans les stades, démontrer de façon convaincante à un con les raisons pour lesquelles il est con, souligner l’importance de ne pas laisser nos vieux mourir seuls et désespérés, encadrer légalement l’euthanasie, redonner confiance dans le fait politique, écrire la Constitution de la VIème république.

Le train file, on a passé Bordeaux et déjà les Pyrénées se profilent à l’horizon (je déconne, il fait nuit, on ne voit rien et je suis de dos). L’ADSL aussi se profile, afin de vous satisfaire, vous, chers lecteurs. Soyez en paix.

 

Société française contre Monsieur l'auteur


Chers lecteurs quotidiens,

Considérant qu'il est bon - en toute chose - de poser les règles,
Considérant qu'il est nécessaire que le lecteur sache à l'avance ce à quoi il s'expose, qu'il est en va du principe même de prévisibilité du journal littéraire,
Considérant de plus que le principe d'interprétation stricte du journal impose une description univoque des termes du sujet,
Et enfin, considérant que les thèmes qui emportent l'adhésion ou le rejet se trouvent généralement être politiques, économiques ou sociaux,

Enjoins les lecteurs à lire les quelques lignes suivantes.
(Il est évident que je n'ai pas de lecteur, et encore moins de lecteur quotidien. Mais ce n'est pas l'objet de la démonstration).

Politics and economics.
Tout d'abord, il est important de savoir que je vote généralement à droite. Cette affirmation est bien entendu soumises à exceptions, en fonction notamment de la personalité du candidat, de son intégrité présupposée ou du lien que je peux éventuellement entretenir avec lui.
Je suis néanmoins tout à fait social, mais j'ai tendance à ne pas aimer l'hypocrisie. A de rares exceptions près, les gens de gauche me paraîssent ainsi tout à fait irrationnels.
Prenons des exemples simples, et que l'on pourra transposer à d'autres situations types.
En matière de travail par exemple. Plutôt que partager le travail existant ou de redistribuer plus équitablement les richesses que le pays produit, il me semble tellement plus logique de chercher à créer plus de travail et plus de richesse. Alors bien sûr, les riches s'enrichiront de plus en plus - pour faire très simple - et le fossé sera de plus en plus grand avec les moins riches, mais au moins créera-t-on ainsi des emplois et rendrons-nous le pays plus attractif. C'est inéquitable ? Certes. Mais je crois que la plus grande de toutes les inepsies politiques est de refuser l'inégalité sociale. L'inégalité est partout. C'est de son acceptation même que vient le progrès. Et de son traitement. Pas de son refus !
Bien sûr en revanche, un modèle économique tout à fait alternatif, fonctionnant hors de toute économie mondialisé et de tout système de marché est envisageable. C'est peut-être inneficient - cela reste à néanmoins à démontrer, en arrêtant de se référer à l'URSS, ce qui est un peu facile - mais au minimum, c'est tout à fait rationnel. Ainsi, il y a plus de sens à prôner la révolution que de se battre pour la réduction du temps de travail obligatoire, le partage des richesses ou le réhaussement des minimats sociaux. Ces trois points doivent certes être mis en oeuvre et défendus, mais ce n'est pas un programme politique. C'est simplement une soupape réservée au plus démunis - au moins "égaux", comme disait le célèbre humoriste.
Bon, la démonstration est dans l'ensemble très peu théorisée, mais cela me semble tomber sous le sens - comme le veut l'expression populaire.

En matière sociale maintenant.
Une société qui laisse crever ses vieux est une société indigne. Je n'en démordrai pas.
(Sauf si le vieux en question l'a vraiment cherché ou mérité, cela va de soi - le cas particulier pouvant bien entendu déroger au principe commun).
La question sociale est ici très résumé et réellement parcellaire, mais c'est à mon sens plutôt représentatif. En outre, de "Ni putes ni soumises" à "Reporters sans frontières", il y a tant de personnes qui luttent pour des causes importantes que je ne vais pas bassement m'étaler en vaines revendications.
De toute façon, je donne très peu d'argent aux associations et autres gens nécessiteux. En général, je préfère acheter des livres ou à manger. C'est profondément injuste. Mais c'est une putain de réalité.

"Quand on est vieux, tout notre corps nous fait souffrir, et tout ce qui nous permet de ne pas souffrir ne fonctionne plus".
George Burns.

Social, économie, politique.. Et dire que la seule chose qui nous intéresse, c'est le sexe. Ce journal n'aura jamais aucun succès.

De toute façon, je pars quelque jours dans le Sud-Ouest. J'aurai donc peut-être par conséquent des trucs intéressants - à vos yeux - à retranscrire dès mon retour. En fait, je vais là-bas pour étudier un peu - il y a quand même un minimun de boulot exigé dans cette Ecole de Commerce dite "Parisienne" que je fréquente plus ou moins.
De plus, dans la chambre où j'ai passé mon adolescence, il y a un grand bureau de maître d'école. C'est mon bureau que j'aime bien.
Toujours est-il qu'à part bosser avec Chérie - qui est aussi du voyage bien entendu - il y a un rendez-vous chez un magnétiseur - excerçant dans la campagne pyrénéenne - de prévu. Et peut être aussi un saut à Biarritz si le temps est exactement comme on l'aime à Biarritz. Cela sera même l'occasion d'écouter Brassens sur l'A64. Ou Fersen.

« Sans technique un don n'est rien qu'une sale manie. »
Georges Brassens, in Le mauvais sujet repenti.
Il paraît que j'ai la manie d'être désagréable avec les autres, vous pensez qu'il y a une technique pour ça ? De toute façon je ne suis pas désagréable, je suis honnête. De plus, j'éduque les gens. C'est le cas par exemple avec mes citations, dont je n'ai strictement rien à foutre. Mais c'est pour ceux qui ne se seraient pas encore rendu compte de mon talent. Les citations sont là en quelque sorte pour les rassurer, pour leur montrer que mon propos n'est pas inepte. Pour les encourager. Je crois ainsi qu'une vie de Gourou n'aurait pas été pour me déplaîre, si tant est que l'on enlève la dimension malhonnête et scizophrénique de la fonction. Je suis plutôt comme la république, une et indivisible. Et très peu touché par une grande maladie que l'on appelle "contradiction". La quête du sens, vous vous souvenez ?
C'est mon truc ça, le sens. Vous imaginez donc la difficulté de vivre au sein de sociétés où l'impératif de sens arrive si loin derrière ceux d'apparence, de fuite, d'imitation ou d'imposture ?

"La France est une république une et indivisible" - Article premier du texte de 1958.

Oui, je sais, le jeu de mot du titre - légèreté de n'être - est facile. Mais "la facilité, c'est le talent qui se retourne contre nous". C'est Jean-Paul Sartre qui l'a énoncé.

Une autre objection ?

Un logiciel gratuit télécharge du Brassens.
La Staracadémy - notez bien le "y" - se détache en fond sonore.
Sur la table basse en verre IKEA, de la bière (superbe match de Lyon ce soir, au Pirée).
Beaucoup de Codes derrière moi dans la bibliothèque : civil, pénal, procédures, commerce, CGI, travail, et caetera.
Une imprimante et un très vieux téléphone.
Un immense plan de Paris plutôt joli.

Mon regard traverse la pièce (c'est une métaphore). En général, le lecteur aime pénétrer dans l'intimité de l'auteur.
Moi j'aime bien en tout cas.
Je te l'offre, lecteur.

Des clubs (golf) un peu partout.
Echarpe offerte par Chérie.
Whisky, Vodka, autres.
Tickets de cinéma valables.

C'est intéressant ? Ca plante le décor ? Vous kiffez, cher lecteur ?

Dressing ouvert dans l'entrée : costumes, chemises, polos.
Four micro-onde de la bibliothèque : hors-service.
Peu de livres, somme toute.

Une baie vitrée.
Des dizaines de classeurs (cours de Droit, autres matières).
Un peu de shit.

Bref, voilà le tableau de n'importe quel lieu étudiant. L'exercice est par conséquent nul.
Inadapté.
Ah non, il y a un "Monsieur Madame" sur le bureau.

Il est tard, en France, et pour ma part je commence à être fatigué. Je vais donc me plonger dans mon lit (oui c'est vrai, c'est encore une métaphore).
Comment ça un cliché ?

Je vais donc plonger sur mon lit.
Ca va, là ?

Et pour entretenir le suspens - je suis un auteur doué, n'oubliez pas - je vais juste avant vous présenter deux amis, dont on pourrait entendre parler dans les jours à venir en cet espace virtuel.
D'abord, Bolivar (c'est un nom d'emprunt) en stage à Taïwan. Il aime tellement les filles que ça le perdra peut-être. On aimait se battre nus dans les couloirs de l'internat. Il frappait fort.
Et puis John (c'est un nom d'emprunt, enfin, peut-être) qui est tellement drôle que ça rend pas du tout de façon littérale. Comique de situation. De répétition. Il maîtrise absolument tout. C'est lui qui bosse chez Price jusqu'en 2006. A cet heure précise il doit être en train de manager une équipe virtuelle sur internet (football).

Tiens au fait, je remarque à l'instant que l'un est aux Etats-Unis et l'autre à Taïwan. Bien sûr, je l'avais déjà noté, mais pas simultanément. Je ne m'étais pas rendu compte que ces deux amis n'étaient plus en France.
Et donc par définition plus ou moins loin du lieu où j'écris en ce moment - Paris.

Et justement, John vient de m'envoyer un mail. Je me permets de le "copier-coller", cela illustrera mon propos de façon honnête et dépouillée.

"reviens du resto avec l'équipe de Price,
suis completement bourré.
faut arrêter avec l'open vin, ca a brisé plus d'une carriere."
John, in Back in da game.

Hier, il me répondait à propos de son pied maltraité lors d'un match contre les gars de la Deutsche Bank (toujours football).
"Pour mon pied, ça allait de mieux en mieux, mais hier soir j'ai découvert qu'il était tout violet maintenant. Peur. La
grippe aviaire, gneeeh. C'est moche un gros pied violet, je te le dis.
Je réalise que j'ai pris une putain de semelle par cet enculé d'argentin.
Il etait dingue, s'est battu avec un mec de son équipe a la fin, jamais vu ça.
Mais il est resté tranquille avec moi ce bâtard, t'as vu.
M'a juste demis le pied."
John, in Back from the game.

Voilà, en plus des citations, j'ai décidé d'introduire des extraits de mails d'Albéric dans ce journal.
Il y a donc en quelque sorte deux leitmotivs dans ce travail.

Et deux occasions d'échapper à ma prose approximative.

(Bolivar vient de se connecter à MSN).

Mon sac n'est pas prêt. Le train part relativement tôt aujourd'hui. J'ai moyen sommeil.

Je commence sérieusement à apprécier votre compagnie.

 

01 novembre 2005

La suite des événements


Mais justement, de quels événements parle-t-on ?
Ainsi, par exemple, ce que j'ai décris hier représente-t-il le moindre intérêt - à mes yeux ? Je ne le crois guère. Objectivement parlant.
La construction de ce journal vacille donc déjà.

Sinon, ma Chérie vient de m'expliquer au téléphone qu'elle prépare déjà ma carte de voeux pour Noël. C'est chou de s'y prendre à l'avance.

De mon côté - côté discothèque donc - c'est de plus en plus fort. La musique est vraiment "merdique". Elle ne présente bien sûr aucun intérêt d'un point musical - l'oeuvre est nécessairement faible, elle passe en soirée - mais ce n'est pas même efficace. C'est électronique, et juste merdique. Peu réussi.

Mais pour en revenir à ma propre personne, pourquoi j'écris tout ça (vas-y, dis moi pourquoi, t'as vu) ? Pourquoi je décris les choses, comme ça ? Je n'ai pas le talent de Zola, ni celui de Camus ! Rime en "u".
De plus, je n'ai pas même le besoin impérieux d'écrire ce journal. Mon équilibre personnel n'en dépend absolument pas. J'ai pas mal de choses à faire - comme le veux l'expression commune - et pas beaucoup de temps libre, finalement. Je m'ennuie très peu. Je suis heureux. Pour l'instant ma vie tient la route.

"Ecrire, c’est descendre dans la fosse du souffleur pour apprendre à écouter la langue respirer là où elle se tait, entre les mots, autour des mots, parfois au coeur des mots".
C'est Sylvie Germain qui a dit ça.
J'écris donc simplement car j'aime écrire. Et que j'aime notre langue. En gros, je vous emmerde.

En outre, ma prose est plus agréable que les tambours électros d'à côté. J'en suis convaincu.
" C’est dans l’immonde que j’ai connu la grâce d’écrire", écrit quand à lui Eric Bénier-Bürckel.
Là, je suis parfaitement dans le sujet.

" Ecrire, c'est flotter dans le vide."
Rosa Montero.
Là encore, je suis pas mal..

Mais au delà de tout, j'aime donner du sens. Alors je vais m'y astreindre. Je suis moralisateur. Chrétien.
En outre, je suis abonné en tribune Auteuil. Il faudra que je décrive plus tard ma passion pour le Paris Saint Germain. Je suis abonné derrière le but à gauche sur l'écran, pour les novices en matière de football et de championnat français.
Je ne suis pas hooligan, à savoir que je ne suis pas violent - pour s'en tenir à une définition simple du hooliganisme.
J'écris donc pour moi, pour donner un sens aux choses.
Je suis fier d'être à Auteuil Rouge, tribune multi-ethnique et majoritairement prolétaire.

Ces cons à côté se mettent à chanter tous ensemble et faire des "yeah, yeah", et à siffler..

"Ecrire pour faire passer un message trahit la fonction primordiale du roman, sa raison fondamentale, celle de la recherche du sens."
Encore Rosa Montero.

J'entends les premiers prendre l'ascenseur. Ils ont bien fait semblant de s'amuser. Ils ont tenu jusqu'à deux heures. Paye ton taxi maintenant.

Nuit.

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Rédacteur Agoravox